Discours Concert de la Passion, Vendredi Saint 29/03/2013.

Chers amis,

Je vous remercie d'avoir bravé les conditions climatiques d'un "printemps en hiver" pour assister à cette représentation de la passion selon Saint Jean de Jean Sébastien Bach. Notre chef Margaret est très exigeante et je ne vous cache pas que, après nos récents concerts, tous des très grands succès, mettre en chantier aussi vite une œuvre aussi difficile a constitué un véritable défi pour notre chœur qui, rappelons le, est constitué d'amateurs éclairés et passionnés mais n'est pas professionnel. Si Margaret pousse son chœur avec autant de force, c'est évidemment aussi un gage de confiance de sa part, nous ne sommes pas peu fiers de réussir à chaque fois ces gageures proches de l'impossible rêve de Jacques Brel. En plus en ces périodes perturbées où l'on n'ose même plus respecter, ne fut-ce que folkloriquement, les grandes fêtes du calendrier chrétien, Pâques devenant le "printemps" et Noël l'"hiver", il nous importait de chanter cette passion le vendredi saint. On peut nous critiquer pour ce jusqu'auboutisme têtu mais nous tenons bon envers et contre tout par respect des traditions ancestrales dont nous sommes fiers d'assumer la pérennité. Nous continuons cependant à affirmer que notre chœur est indépendant de toutes tendances philosophiques ou religieuses, mais depuis toujours, il faut bien reconnaître que c'est dans ce répertoire plus religieux que laïque que nous trouvons notre bonheur parfait, sachant que pour nous, il ne s'agit que de symbolisme, de musique, d'art et de poésie. Je tiens aussi à rappeler que ce concert est produit d'une manière tout à fait autonome par notre association tenant comme à la prunelle de ses yeux à son indépendance. Merci donc à nos mécènes, à la ville de Verviers dont nous obtenons encore le soutien, ne fut ce que logistique, à la province de Liège et surtout à vous, notre fidèle public sans lequel nous n'existons pas!

Je vous souhaite beaucoup de plaisir en vivant cette "passion" dont on connaît les drames sacralisés mais que Bach à théâtralisé pour la raconter comme une histoire humaine, celle d'un homme portant jusqu'à l'extrême l'amour qu'il a eu pour ses pauvres frères humains.

Raymond Collignon.