C'est le Vendredi 29 mars
que nous aurons le plaisir de vous présenter notre prochain concert:

LA PASSION SELON SAINT JEAN

de Jean-Sébastien BACH

en l'église Sainte Julienne à Verviers

Passion

La Passion selon saint Jean est un drame musical. Avant que Jean-Sébastien Bach n'ait été installé dans ses nouvelles fonctions de maître de chapelle de l'église Saint-Thomas de Leipzig, le conseil municipal lui signifia qu'il aurait à s'en tenir « à des compositions non théâtrales ». Ce qui suppose l'impossibilité de composer des opéras, mais exclut surtout toute ressemblance entre la musique liturgique et la musique pour la scène (le style lyrique). Cela semble naturel. Mais Bach, en homme de son époque, a su concilier sa foi (luthérienne) avec une certaine théâtralité : son art est un art du discours et de la rhétorique, un art de la parole. Il s'agissait avant tout, dans son esprit, de faire entendre la parole donnée par l'évangile et donc de mettre en forme le drame signifié par le texte. On est là en plein dans une esthétique baroque, telle qu'elle se pratiquait dans toute l'Europe, à commencer par l'Italie, depuis le XVIIe siècle.

C'est pourquoi, dix bons mois après son entrée en fonction, le Vendredi saint 1724, Bach faisait entendre à la Nikolaikirche sa Passion selon saint Jean.(...)
C'est en effet un ouvrage éminemment dramatique : même si sa dramaturgie ne relève pas à proprement parler de l'opéra ni du théâtre, elle s'exprime dans la façon dont Bach lie intimement l'histoire, rapportée par la Passion, avec son discours musical et rend présentes dans le déroulement de son œuvre, aussi bien les souffrances du Seigneur que les autres réactions humaines.

Au centre de tout oratorio ayant la Passion pour objet, on trouve le récit de l'Évangile, qui se déroule à deux niveaux : celui du narrateur (l'Évangéliste, placé en avant de la scène) et celui des personnages agissant et parlant en leur nom propre (Jésus, l'apôtre Pierre, Pilate etc...), personnages auxquels s'ajoutent les différents groupes (la foule - turba -, les grands prêtres, etc.). Le texte, tiré du Nouveau Testament, est présenté et non représenté (il ne s'agit pas d'un opéra mais d'un oratorio), mais le récit évangélique, dans la mise en musique qui est faite par Bach, est bien plus qu'une simple récitation. Un peu par plaisanterie, on a pu appeler quelquefois Bach, "le cinquième Évangéliste".

Un autre élément est le commentaire chanté dans les airs de solistes (souvent précédés d'un court arioso).
Les chorals relient la "scène" et les fidèles.

Son Évangéliste est un conteur, un intermédiaire, dont l'interprétation expressive crée une proximité avec les événements qu'il relate.
Cette idée fondamentale d'action et de drame humain aboutit à ce que les récitatifs et les chœurs font passer le message dans un esprit voisin du spectacle.
La structure même de l'ensemble fait du récit de la Passion une sorte d'œuvre théâtrale, car il s'agit, pour Bach, de mettre l'accent sur la mort du Dieu chrétien, qui, selon le texte, a choisi de s'incarner.
C'est le récit de cette mort (et de cette sorte de rite de passage) qui est donné ici.

Le texte évangélique fragmente l'œuvre en plusieurs scènes : Arrestation - Jésus devant les chefs des prêtres - Jésus devant Pilate - Crucifixion - Mise au tombeau.
Bach respecte ce schéma, en terminant chaque épisode par un choral et en ménageant après le deuxième tableau une pause destinée au sermon prononcé par l'officiant.

La Passion de saint Jean est l'interprétation poétique et musicale d'une partie des Évangiles. Elle est tout aussi évocatrice et bouleversante que les Stabat Mater de Pergolèse ou de Vivaldi. En revanche, il est évident que c'est un lyrisme éloigné des opéras profanes. Qu'entend-t-on exactement par lyrisme ? Si on se tient à la définition la plus simple : l'art de mettre des paroles en musique, on doit reconnnaître Bach comme un maître lyrique.

(Source: Wikipédia)